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La fois où je n'ai pas traversé la Mongolie à cheval

  • Photo du rédacteur: Noemie
    Noemie
  • 22 avr.
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 6 mai

# L'Aventure Équestre : Entre Nostalgie et Nouveaux Départs


Alors qu'une deuxième édition du Blue Wolf Totem Trek est sur le point de prendre la route, une foule de sentiments m'habite : fierté, joie, envie, tristesse. L'aventure d'une vie, ''The once in a lifetime'', n'était finalement qu'un brouillon pour quelque chose d'encore plus grand.


Entre les souvenirs et les regrets


Je vais d'abord m'excuser pour mon ton un peu amer, surtout si ma bonne amie Julie lit ce blog. Les émotions sont difficiles à décrire, et je sais qu'au final, c'est purement égoïste. L'aventure est pour les enfants défavorisés, pas pour moi.


Chevaux sellés près d'un arbre sec dans une plaine herbeuse, montagne en arrière-plan sous un ciel bleu clair. Atmosphère calme.

Mais je ne peux m'empêcher d'être un peu amer. La fierté de dire ''j'ai traversé la Mongolie à cheval'' s'est estompée. ''J'ai passé 84 jours à cheval et en tente'', ça n'a plus rien d'exceptionnel, car cette nouvelle édition passera encore plus longtemps. Les dettes que je continue de payer. 20 000 $, c'est énorme, mais c'est une chance qui ne se représentera plus. Ou du moins, c'est ce que je me suis dit pour justifier la dépense.


Est-ce que j'aurais fait les choses différemment si j'avais su que l'occasion se représenterait de nouveau, en un défi encore plus grand, seulement 4 ans plus tard ?


Là où la vie m'a menée


Lorsque je me suis embarquée dans l'aventure de la Blue Wolf Trek, je le voyais comme un coup de pratique. Je travaillais comme guide de randonnée dans l'Ouest, c'était plus des vacances qu'un défi, vraiment. C'était l'occasion de prendre une pause, décrocher, et tester mon nouveau matériel de camping en vue de traverser le Canada à cheval. J'ai investi beaucoup d'argent dans un excellent sac de couchage. Heureusement commanditée, j'avais une tente ultra-légère, moins de 2 lbs pour un peu plus de 1000 $.


Ombre d'une personne à cheval sur l'herbe sèche, sous un ciel clair. Sensation paisible en plein air, couleurs terreuses dominantes.

Je m'étais équipée pour partir à l'aventure seule, en selle, avec un cheval de bât. Ce matériel ne me servira plus, maintenant que nous sommes trois. Non seulement mon grand projet a changé, mais tout a changé.


En toute honnêteté, j'ai essayé de ne pas regarder le nom des participants de cette nouvelle édition. Je ne voulais pas voir le visage de ces inconnus qui feraient encore mieux, encore plus grand. Je ne voulais pas voir le visage des anciens ''Blue wolfers'', mes anciens compagnons de route, avec qui j'ai pu partager tant d'aventures, et qui ont la chance de retourner faire ce que je n'aurai plus jamais la chance de faire. Un peu comme si ce que nous avions vécu tous ensemble ne comptait pas, car ils le vivraient de nouveau avec d'autres.


C'est égoïste et embarrassant à admettre. Et ça ne change pas que je suis contente pour eux. Mais oh, comme j'aimerais y être.


La vie maintenant


J'écris ces lignes après avoir vu un souvenir Facebook. À pareille date, en 2022, je fermais ma valise et je partais ''après-demain''. En 2026, je cuisine des œufs pendant que Hangal pleure et crie dans le salon, parce que je lui ai dit d'attendre que je finisse de faire cuire son déjeuner. Et après-demain ? Je serai au même endroit, moins le bébé qui pleure, espérons-le. Et la semaine prochaine ? Pareil. Et en juillet, lorsque je verrai le souvenir Facebook célébrant la fin de nos 3600 kilomètres à cheval ? Yep, toujours au même endroit.


Chevaux se rafraîchissant dans une rivière, un cavalier à l'arrière-plan. Paysage de montagnes lointaines sous un ciel bleu clair.

Je ne regrette pas mes choix, ni ma famille. Durant ces deux dernières années où j'ai vécu en Mongolie, j'étais à 10 minutes d'endroits que nous avons visités durant le Blue Wolf Trek. J'ai monté régulièrement des chevaux qui ont également fait partie de l'expédition, côtoyé des guides devenus voisins, amis (et mari !). Mais une part de moi ne peut s'empêcher de penser que si ça n'avait pas été de ces choix, je serais présentement en route vers la Mongolie, prête à traverser le pays une deuxième fois.


La vie après


Je donnerais beaucoup pour être de nouveau en Mongolie, même si j'ai donné beaucoup ces deux dernières années pour la quitter. Si nous n'avions pas reçu le visa de Dalai, j'aurais même voulu entraîner mes propres chevaux et me joindre à l'aventure d'une autre façon, faute d'avoir le budget pour rejoindre les autres participants. Je pensais déjà à une façon de partager le temps en selle, d'amener Emée, pourquoi pas, afin de vivre l'aventure en famille.


Tente grise sur prairie sèche au coucher du soleil, ciel nuageux bleu. Montagnes en arrière-plan. Atmosphère calme et apaisante.

Puis, le visa, la résidence permanente est arrivée. Et quitter la Mongolie fut également faire face au ban de trois ans que je me suis mérité pour avoir resté plus longtemps que ce que me permettait mon visa. Au moins, j'ai une bonne raison de ne pas pouvoir me mettre en selle. En même temps, après tant d'années à vivre dans mes valises, je suis reconnaissante de l'endroit où je suis présentement, enfin. Je ne me rappelle pas de la dernière fois où je n'ai pas eu une valise à moitié pleine dans le coin de la pièce, prête à repartir, vers la Mongolie, l'Alberta, la Saskatchewan.


Mes valises sont vides, bien rangées dans le fond du garde-robe. Mon sac d'expédition est à quelque part chez ma mère. Mon sac de jour me sert maintenant occasionnellement de sac à couches.


J'ai peint mes fenêtres, j'ai dessiné le plan de mon jardin. Je suis ici, même si je crois que mon cœur aura toujours un œil sur la route, là où les sabots de mon cheval pourraient m'amener.


La suite des aventures


Malgré la déception et de me dire que j'aurais pu faire mieux, je sais que le meilleur est à venir. Mon aventure en Mongolie ne m'a jamais vraiment quittée. Je l'ai mariée, je lui ai donné naissance et je l'ai ramenée au Canada avec moi. Notre prochaine aventure, c'est celle que nous créons ensemble, chaque jour.


Groupe de personnes souriantes devant un bus jaune avec affiches. Ciel bleu, sacs de voyage au sol, tente en arrière-plan. Ambiance joyeuse.

Le sentiment de stabilité, de permanence, est un peu déstabilisant pour le moment, encore. L'impression d'être enracinée et de ne plus bouger.


Mais ce n'est que temporaire. On se repose, on reprend notre souffle.

Et on planifie notre traversée du Canada... à cheval.

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